La personnalité des médias français Marie-Sophie Lacarrau retrouve sa filleule Salimata

25 mars 2023

En classe, Marie-Sophie suit un cours avec sa filleule Salimata lors d’une visite de parrainage.

Fin avril, la présentatrice du 13 Heures de TF1 s’est envolée pour Dakar, au Sénégal, afin d’y rencontrer une jeune écolière dont elle est la marraine depuis huit mois. Et l’émotion l’a cueillie bien plus qu’elle ne l’aurait imaginé…

D’abord le doute. Quand Marie-Sophie pénètre dans la classe de cette école de Ouakam à Dakar, elle hésite. S’interroge. Sent en elle poussé une bouffée d’angoisses. « Vais-je la reconnaître ? Sera-t-elle contente de me voir ? » Elle, c’est Salimata. Une petite fille de 10 ans, élève en cours moyen deuxième année (CM2), dans ce quartier d’où sont d’ailleurs « originaires Ségolène Royal et Rama Yade », tient à préciser la journaliste.

Ce voyage a été maintes fois repoussé pour cause du COVID-19 et des problèmes oculaires rencontrés par Marie-Sophie. Mais loin du tohu-bohu de son arrivée, Salimata, elle, attend patiemment sa marraine. Assise à sa place. Sans sourciller. Elle ne sait pas que son hôte du jour est suivie par des millions de téléspectateurs dans son pays. Juste qu’elle est venue pour elle. Pour la rencontrer dans le cadre de l’association Un Enfant par la Main dont elles font partie l’une et l’autre.

 Sophie Lacarrau accompagne sa filleule de la petite Salimata au marché du coin
Sophie Lacarrau accompagne sa filleule de la petite Salimata au marché du coin

« Finalement, je lui ai demandé: ‘C’est toi Salimata ?’ Et nous nous sommes blotties dans les bras l’une de l’autre durant de longues minutes. C’était intense. Incroyable. D’une force inouïe. Comme aimantées. »

En ce dernier week-end d’avril, Marie-Sophie a tenu sa promesse : venir jusqu’à Salimata pour partager son quotidien, après avoir, de nombreux mois durant, échangé par courrier. La présentatrice du JT de 13 heures de TF1, est ambassadrice et marraine de l’association depuis 7 ans.

« Être marraine, c’est accompagner un enfant pour que ses droits soient davantage respectés et qu’il ait un meilleur avenir possible. On verse une certaine somme d’argent : entre 20 et 30 euros par mois. Sur cette somme, il y a une partie qui va directement à l’enfant pour être certain qu’il va bien à l’école, sera soigné s’il en a besoin. Et l’autre partie sert, dans un pot commun, à améliorer la vie de toute une communauté. Ce ne sont pas des enfants abandonnés : ils ont des parents, une famille. Et on ne se substitue pas à elle », argumente avec force la journaliste.

« Je savais que ce serait difficile mais je ne pensais pas pleurer comme ça. Salimata est tellement câline. »

 

Au Sénégal, 25% des enfants de 5 à 17 ans sont « occupés économiquement ». Autrement dit, un enfant sur 4 travaille. Et 30% de la population vit sous le seuil de la pauvreté, avec moins d’1,25 dollar par jour.

« Quand mes garçons étaient plus jeunes et que je les voyais jouer dans le jardin, je me disais souvent qu’ils avaient de la chance, qu’ils ne manquent de rien, eux ! C’est la raison pour laquelle j’ai voulu m’engager dans cette association. Et puis, je voulais aider une petite fille. Parce que c’est toujours plus difficile, pour elles, d’aller à l’école, s’émanciper, devenir autonome. L’année prochaine, Salimata fera son entrée au collège. J’ai envie que tout lui réussisse. Qu’elle ne se mette pas de barrières et qu’on ne lui en mette pas. Actuellement, elle est la première de sa classe et son rêve est de devenir directrice d’école. Pas juste maîtresse, mais directrice. Je veux l’accompagner jusqu’au bout de sa scolarité ! »

À ses côtés, la petite fille jubile. Les heures passent, les activités se multiplient. L’émotion, aussi. Une relation fusionnelle aux yeux de tous.

Salimata et sa marraine, en toute complicité dans les rues de Dakar, Sénégal
Salimata et sa marraine, en toute complicité dans les rues de Dakar, Sénégal

« Elle m’a fait entrer dans son quotidien. J’ai été heureuse que ce soit si simple entre nous. Je ne voulais pas l’impressionner. Là-bas, j’étais simplement sa marraine, comme ici je suis simplement une maman pour mes fils (20 et 15 ans, ndlr). »

Visite du marché avec la maman de Salimata, vendeuse de beignets, discussions intenses avec le papa qui travaille dans un musée de la ville, déjeuner à leur domicile, un appartement encore en travaux, sans eau potable. Trois jours en immersion dans une vie de famille. Naturelle. Chaleureuse. Sans chichis.

Très (trop) vite, l’heure du retour sonne. L’heure des adieux. Les filles s’échangent alors un petit bracelet dans la voiture qui la raccompagne à l’aéroport : « Elle en a une moitié, j’ai l’autre et on s’est dit qu’un jour, on le reconstituerait. »

Marie-Sophie tente de se contenir, mais c’en est trop. « Je savais que ce serait difficile, mais je ne pensais pas pleurer comme je l’ai fait avec d’aussi gros sanglots. Je sais qu’il ne faut pas sur-développer des liens avec les enfants, ce n’est pas le but, mais Salimata est tellement câline, adorable… je n’ai pas eu envie de me freiner et je lui ai promis que je reviendrai plus tard avec ma famille. »

Salimata, qui signifie en arabe, « pure, intacte, en sécurité », a pris acte.

En 2025, ChildFund Sénégal a alloué 80 % de son budget total aux programmes de soutien aux enfants, aux familles et aux communautés vulnérables.