Les enfants et les jeunes en mobilité font face à de grands risques au Sénégal
23/05/2025

62,5 % des enfants et des jeunes en situation de mobilité au Sénégal sont exposés à des risques d’exploitation économique et sexuelle, selon une nouvelle étude menée par ChildFund. Beaucoup d’entre eux n’ont pas accès aux soins de santé et à l’éducation, et rencontrent des dangers potentiellement mortels liés à leurs déplacements non encadrés.
Cette étude offre un aperçu détaillé des circonstances, des motivations et des expériences des enfants et des jeunes en mobilité au Sénégal, ainsi que des nombreux défis auxquels ils sont confrontés. La grande majorité d’entre eux sont âgés de 15 à 23 ans, ce qui reflète des conditions socio-économiques poussant les jeunes à partir à la recherche d’opportunités économiques ou, dans certains cas, à fuir des situations difficiles telles que les conflits, les catastrophes environnementales et les violences basées sur le genre.
39 % des enfants et des jeunes en mobilité déclarent être motivés par le besoin d’échapper à la pauvreté. 16,6 % entreprennent leur voyage pour répondre aux attentes liées à la dot, ce qui souligne l’influence des pratiques culturelles sur la migration des jeunes. D’autres partent en quête d’indépendance personnelle ou d’aventure. Les filles sont particulièrement vulnérables aux dangers liés au genre, notamment à l’exploitation commerciale et sexuelle, la pauvreté poussant beaucoup d’entre elles à exercer des activités dangereuses ou à subir des relations de contrainte.
Les activités exercées varient selon le genre et la localisation géographique, exposant les jeunes à différents types de risques. Dans la capitale Dakar, par exemple, 30 % des filles travaillent principalement dans le secteur domestique et 15 % dans les services commerciaux. Chez les garçons, 18 % travaillent dans le secteur domestique et 17 % dans les services commerciaux. Un chiffre inquiétant de 15 % de garçons sont impliqués dans la mendicité, les exposant à des risques d’exploitation et de violence.
La majorité des enfants et des jeunes en mobilité au Sénégal sont originaires du pays (67,6 %). Toutefois, un nombre significatif provient également du Nigéria (9,5 %), de la Guinée-Conakry (6,9 %), du Mali (6,9 %), de la Guinée-Bissau (3,4 %), du Burkina Faso (2,7 %), de la Gambie (1,1 %), du Niger (1,1 %), du Ghana (0,4 %) et de la Mauritanie (0,4 %). Leurs déplacements sont principalement influencés par les conditions économiques et les liens migratoires historiques dans la région.
Dans la plupart des cas, le soutien offert à cette population vulnérable est insuffisant, voire inexistant. À Dakar, seulement 2,3 % des migrants ont reçu une aide à leur arrivée, principalement sous forme d’aide alimentaire. Protéger les droits des enfants et des jeunes en mobilité nécessite des efforts concertés à plusieurs niveaux : renforcer la collaboration entre les acteurs, développer les capacités institutionnelles, sensibiliser aux droits de l’enfant et aux dangers liés à la mobilité, garantir un accès équitable à l’éducation, adapter les interventions aux contextes locaux et mettre en place des centres d’accueil sont autant d’actions concrètes à entreprendre sans délai pour inverser cette tendance inquiétante et réduire les risques encourus par les enfants.
L’étude, qui s’appuie sur la collecte de données auprès de 1 004 enfants et jeunes en mobilité, de 170 acteurs communautaires et de 35 institutions à travers le Sénégal, met également en lumière l’admirable résilience de ces jeunes. 80,1 % d’entre eux ont démontré une grande résilience à travers des actions telles que la poursuite de leurs études ou le soutien entre pairs. Toutefois, 19,9 % des enfants ont déclaré ressentir un stress intense, ce qui souligne l’urgence de renforcer les efforts de prévention et de mettre en œuvre des solutions durables pour protéger les droits de tous les enfants.
« C’est un signal d’alarme. Nous ne pouvons pas détourner le regard alors que des milliers d’enfants franchissent des frontières et des communautés à la recherche d’une vie meilleure, pour se retrouver confrontés au danger, à l’exploitation et à la négligence, » a déclaré le Dr Allasane Drabo, Directeur Pays de ChildFund Sénégal et Guinée. « Nous appelons tous les acteurs – communautés, autorités locales, instances régionales, gouvernements, ainsi que les enfants et les jeunes eux-mêmes – à agir ensemble. Construisons des systèmes de protection coordonnés et sensibles aux besoins des enfants en mobilité. Aucun enfant ni jeune ne devrait être exposé au danger. »
À propos de ChildFund
ChildFund est une organisation de développement axée sur l’enfant qui œuvre au Sénégal depuis 1985. L’organisation travaille en partenariat avec les communautés locales pour aider les enfants à grandir en bonne santé, à recevoir une éducation, à acquérir des compétences et à vivre en sécurité. ChildFund Sénégal intervient dans 6 régions : Kolda, Thiès, Diourbel, Fatick, Kaolack, Kaffrine et Dakar. L’an dernier, ChildFund a touché plus de 3,5 millions d’enfants et de membres de leurs familles à travers ses programmes. En Afrique, ChildFund est présent dans neuf pays : Sénégal, Guinée, Sierra Leone, Gambie, Kenya, Ouganda, Éthiopie, Zambie et Mozambique. Pour en savoir plus, visitez www.childfund.org.
Contact presse :
Ibrahima Ngom, Spécialiste en communication, ChildFund Sénégal, +221 70 309 00 97 ingom@childfund.org



