Adji Mahé Faye
Chargée Protection et Plaidoyer
ChildFund Sénégal et Guinée

Ouleye, 12 ans, a lancé un appel fort aux décideurs à l’occasion de la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle organisée à Dakar. Elle a exhorté les gouvernements à faire des questions liées aux enfants une priorité, notamment en matière de santé, d’éducation et de protection.

La participation des enfants : une nécessité fondamentale, non un luxe

La participation des enfants aux décisions qui les concernent n’est pas un privilège optionnel, mais bien un droit fondamental. Pour tous les acteurs œuvrant en faveur de l’enfance, et particulièrement dans le domaine de la protection, il est impératif de reconnaître et de valoriser ce droit, car il conditionne l’effectivité de nombreux autres droits de l’enfant.

 

Chaque fois que la parole de l’enfant est sollicitée, écoutée et prise en compte, sa protection est renforcée. Lorsqu’il est activement impliqué dans les décisions le concernant, c’est son intérêt supérieur, principe cardinal de la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE) ratifiée par le Sénégal en 1990, qui est véritablement pris en considération.

 

L’article 12 de cette Convention nous engage à considérer l’enfant comme un acteur à part entière, détenteur d’un droit à l’expression libre et à la participation aux décisions qui influent sur sa vie. Ce droit ne doit donc en aucun cas être perçu comme un luxe dans nos sociétés, mais comme une exigence incontournable de toute démarche inclusive et respectueuse des droits humains.

 

Cela implique bien plus que de permettre à l’enfant de parler : il s’agit aussi de l’écouter activement, de le prendre en compte, de lui fournir des informations claires et accessibles, aussi bien avant qu’après les processus décisionnels. La participation doit être préparée, encadrée et intégrée dans les mécanismes de gouvernance à tous les niveaux.

 

Consciente de ces enjeux, ChildFund, dans ses zones d’intervention, a appuyé la mise en place de structures d’enfants telles que les conseils communaux, les groupes Voice Now, les enfants ambassadeurs ou encore les enfants leaders. Ces initiatives permettent aux enfants de s’exprimer et de défendre les droits de leurs pairs. Un réseautage structuré a été mis en place au niveau communal, départemental et national, pour bâtir un plaidoyer par et pour les enfants.

 

Si nous voulons, au niveau national, des résultats tangibles et durables, il est essentiel de renforcer la coordination et la synergie entre les partenaires présents dans une même zone. Il faut favoriser l’interconnexion des différentes structures de jeunes, amplifier leur voix, et poser les bases d’un renouveau du Parlement des Enfants, une instance représentative, inclusive, porteuse d’un plaidoyer collectif pour tous les enfants du Sénégal.

Reconnaître, institutionnaliser et soutenir la participation des enfants, c’est non seulement respecter leurs droits, mais aussi investir dans une société plus juste, plus équitable et tournée vers l’avenir.